C’est donc ca la fin de la démocratie.


Les événements de ces derniers temps me glacent. J’ai la sensation de revivre une scène de Star Wars (je m’excuse pour la référence). Je ne sais pas si vous vous souvenez du moment où Palpatine réunit le sénat et y entonne un discours glaçant. Il demande aux sénateurs d’abandonner tous les pouvoirs entre ses mains pour proclamer l’empire. Un empire présenté comme seule solution aux problèmes. Un empire pour créer l’union sacrée, l’union des meilleures. Et selon lui, selon les imbéciles bien « pensants », seule cette alliance de la négation des antagonismes pourrait assurer la paix, la victoire contre toutes les menaces.

En quelque sorte, en simplifiant, seule l’uniformité de l’idéal impérial pourrait mettre fin à tous ces bruits et fracas de vie qui « paralyseraient » la prise « des bonnes décisions ». Devenir sourd pour ne plus entendre les cris de souffrance, quelle idée géniale et moderne…

L’empire, la fin de la république, voila la voie de ceux qui nous disent qu’il n’y a qu’une seule politique possible. La dictature du silence ! Voilà leur solution, voilà leur idéal, voilà le monde qu’ils veulent nous offrir. Une dictature des meilleurs. Quelle farce !

Aujourd’hui, j’ai la sensation de revivre ce moment de cinéma. Et comme la reine Amidala, je me sens un peu seul à voir et entendre, paralysé, ce brouhaha assourdissant d’applaudissement célébrant, dans le film, la fin de la liberté, pour nous, la fin de l’idéal démocratique des lumières.

Que notre adversaire, la droite, tente de prendre sa revanche sur 1789. Elle est dans ses droits. Qu’elle soit prête à tout pour ça, on en a l’habitude. Diviser le peuple, hier avec les juifs, aujourd’hui, avec les sans-papiers ou les « assistés », c’est du classique. Et comme par le passé, je ne doute pas qu’une gauche, claire dans ses mots, réussisse à ridiculiser ce subterfuge.

Comme il est encore dans leur habitude, qu’à chaque crise du capitalisme, la droite nous propose, dans le but caché de retrouver l’ensemble de « ses » pouvoirs, le don gratuit de la souveraineté populaire dans les mains d’une « entité supérieure ». Après l’Église, après l’union des rois brisée à Valmy, après le fascisme, aujourd’hui, elle nous propose de nous abandonner aux marchés, aux agences de notations et autre commission non élue européenne.

Comme par le passé, ils ne vont réussir qu’à réveiller la grandeur du peuple français et sa soif jamais rassasiée de justice, de liberté et d’égalité.

Mais pour que ce réveil ait lieu, non pas avec une gueule de bois autour de ruines, mais bien avec le sourire de la fierté des choses bien faites et la joie de la solidarité, il faut que la Gauche réponde présente, parle avec ses mots, débatte. Elle doit assumer son rôle devant l’histoire.

Alors qu’hollande nous trahisse. Je m’y étais fait. Quoi de plus classique que l’infiltration de jaune dans le camp des progressistes ? On a été trahi toute notre histoire. Cela ne nous a jamais interdit de continuer la bataille et de vaincre. Ces traites ne limitent que l’ampleur de notre butin. Le temps étant de notre côté, l’espoir étant notre moteur, l’idéal étant à notre portée, cela ne nous a jamais empêchés de « capitaliser » nos maigres victoires et de nous offrir une vie meilleure.

Hollande, on connait sa France. On connait son histoire. Il préfère déguster un « bourbon » dans un café Thiers bien calme plutôt que de se confronter à la dureté du quotidien du peuple qui souffre, qui est perdu et qui ne sait parfois même plus retrouver la route du local Thaurez ou Jaurès.

Donc, pour réveiller notre peuple, vous devez bien vous douter que je ne comptais pas sur lui. C’est pour ça que j’ai fait le pari du Front de Gauche et de notre candidat Mélenchon. Malgré tout, je pensais que d’autres forces étaient prêtes, sinon à nous rejoindre, au moins à propager des idées proches des nôtres. Je considérais EE-Les verts comme en faisant partie.

L’écologie ne pouvant être que de gauche, le reste n’étant qu’un emballage biodégradable de la même politique, je me disais qu’avec Éva Joly, avec ses lunettes, elle pourrait bien voir la réalité des besoins démocratiques de notre pays.

Je pensais trouver, chez cette femme intègre, au moins des mots simples comme « Bayrou est un homme de droite, nous ne pourrons pas appliquer un programme de gauche avec lui. Il est donc logique qu’il ne fasse pas partie du gouvernement du Front populaire ». Je vous évite de l’écrire avec l’accent, car c’est le sens qui compte :)

Mais ce matin, à mon réveil, ce fut une petite gueule de bois. La soirée d’hier en était tout sauf la cause. Je me suis levé avec une alliée en moins, une aide en moins. Il y a donc plus de boulot à faire. Il nous faut donc nous battre plus, mobiliser plus, crier plus fort. Nous allons le faire, nous avons encore de la voix. Justement, car nous avons encore le respect des voix et de la voie de la démocratie.

Et c’est pour cela que nous allons réussir. Car nous n’avons pas peur de dire que ceux qui sont pour l’alliance avec le centre ne sont « ni de gauche ni de gauche ». Nous n’avons pas peur que les citoyens comprennent ce subterfuge.
Cette élection se présente de plus en plus comme étant un référendum contre l’austérité, mais aussi pour un choix clair. Si vous voulez la gauche, la démocratie, vous avez le front de gauche. Si vous voulez, comme dans le film, applaudir la fin de la république au son de la rigueur, vous avez le choix d’une multitude de mêmes bulletins à noms différents. Moi, mon choix est fait. Gueule de bois ou non.

Le livre Une année derrière mélenchon

5 réflexions sur “C’est donc ca la fin de la démocratie.

  1. Bonjour,

    «Aujourd’hui, j’ai la sensation de revivre ce moment de cinéma. Et comme la reine Amidala, je me sens un peu seul à voir et entendre, paralysé, ce brouhaha assourdissant» clamant haut et fort le bipartisme. Pourquoi vouloir toujours trier les idées, hommes, et autres, entre «gauche» et «droite», à par chercher à enfermer les esprits ?

  2. Très joli billet. Empreint de tristesse, de nostalgie.

    Toutefois, des personnes comme Montebourg, Joly auraient pu rejoindre le Fdg depuis bien longtemps…
    S’ils ne l’ont pas fait hier, ils ne le feront pas demain, c’est une évidence!

    Laissons-les faire leur stupide ratatouille politicienne de centre – centre droit, le FdG, lui, fonce avec ses idées et ses arguments!

  3. exact nimp nawak. Sinon Rozo, on enferme pas. Mais il y a des choix à faire, l’ordre des choses ou on change, on redistribue ou non, on prend ou pas. Reconnaitre les différences, c’est justement ouvrir les esprits. Dire qu’il y a possibilité de cohabiter, d’unir le noir et le blanc sans créer un gris plus proche de l’une des deux couleurs, c’est de l’arnaque. Encore plus quand on dit qu’avec ces deux couleurs on en crée une autre que du gris.

  4. @Rozo: Le clivage gauche/droite existe bien, il n’y a que la droite à vouloir le nier parce qu’à l’analyse ses pulsions se trouvent dévoilées.
    En tant qu’êtres sociaux nous avons deux intérêts à défendre de front: l’individuel et le collectif. D’ordinaire ces deux intérêts se rejoignent mais lorsqu’ils se retrouvent en conflit l’un d’eux est à privilégier. La droite joue alors perso et la gauche collectif. Le problème supplémentaire aujourd’hui c’est que la droite joue le conflit d’intérêt systématique et libère ses pulsions de mort à l’encontre de la société, du collectif.
    Quant à l’article, présenter le Front de Gauche comme seul représentant de la véritable gauche, c’est un peu gonflé? C’est d’ailleurs pour le jeu perso de son actuel représentant que certaines factions et petits partis ne l’ont pas rejoint, quand ils n’ont pas été simplement rejetés…

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